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Commentaire/etat: Proche du neuf
Description:Un homme en perdition cherche dans Beyrouth reliftée après quinze ans de guerre civile les pièces manquantes de son puzzle identitaire. Pour ce faire, l'auteur s'inspire du principe narratif des Mille et une nuits : «Ne se souvenant plus de rien, je peux enfin inventer les raisons de mon histoire, et différer la loi cruelle que je me suis faite : me suicider à la fin du livre.» Cet ultimatum, aussi tragique que subtilement ludique, confère au livre entier un suspense émotionnel qui joue avec le lecteur à la roulette russe du souvenir. Nous cheminerons entre Haïti et Manhattan, entre Orient et Occident, entre démon de la guerre civile et vertige de l'alcool, entre peinture et balistique, entre Claire et Natalie, entre blason érotique et traité d'urbanisme. Et nous aurons glané, nous lecteurs, parmi les morceaux de ce narrateur éclaté, de quoi lui inventer une raison d'être, de survivre à son livre, donc. Anti-Liban est un texte profondément pensé, mais écrit à vif, un texte ivre de savoirs livresques, mais d'une limpidité cristalline, un texte chimérique et rêveur, mais lesté par la densité immédiate d'un vécu, un texte délibérément érotique, mais par ellipse, contagion, absence. Jean-Louis Magnan a su élargir le compas des registres romanesques au-delà de ses limites conventionnelles, pour mieux embrasser d'un seul regard, notre Histoire et la sienne, poésie intime et méditation géopolitique, effets de réalité et mythologie ancestrale.
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